Saison cyclonique : renforcer la préparation d’une année à l’autre
03 mars 2017 à 22:19
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Atelier d’évaluation de la saison cyclonique 2016.
Le Système national de gestion des risques (SNGRD) et des désastres a tenu son traditionnel atelier d’évaluation de la saison cyclonique, du 14 au 16 février 2017 à Saint-Marc, dans l’Artibonite. La saison 2016 aura été marquée par le passage en octobre dernier de l’ouragan Matthew, qui a été dévastateur pour la population des zones affectées et pour la vie socioéconomique du pays tout entier.
Au total, 110 personnes, des représentantes et des représentants du SNGRD à tous les niveaux, ont participé à cet atelier. En effet, le directeur général du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Jude Saint-Natus, la directrice adjointe du Programme des Nations unies pour développement, Martine Thérer, la directrice de la Protection civile, Alta Jean-Baptiste, le délégué départemental des Nippes, Jamil Vincent, les maires de l’Ile-à-vache et de Dame-Marie, Jean-Yves Amazan et Gilbert Jean, des membres du Secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres, des cadres de la Protection civile des niveaux central et décentralisé ainsi que des partenaires locaux et internationaux travaillant dans la préparation et la réponse aux urgences, ont pris part aux assises. Celles-ci ont surtout porté sur des points à améliorer pour la préparation de la prochaine saison mais aussi sur des acquis qu’il faut consolider en matière de préparation et de réponse aux urgences.
M. Saint-Natus a souligné le mode de gestion du cyclone Matthew et le fait par l’Exécutif d’avoir pris en mains la direction des événements dans le cadre d’une coordination placée sous la tutelle de la direction de la Protection civile. « Cette décision avait permis de recouvrer un leadership perdu longtemps par le pays quand il s’agit de faire face aux grands défis », a-t-il ponctué. À côté de ce leadership gouvernemental, les capacités du Système à mobiliser les acteurs internes et les partenaires en situation d’urgence, mais aussi à informer et sensibiliser la population ont été relevées comme points forts.
Pour sa part, la directrice adjointe du PNUD, Mme Thérer, a relevé parmi les points positifs « les alertes et les évacuations, la présence de personnel formé à tous les niveaux, y compris sur le terrain avec les brigadiers-volontaires de la Protection civile, la mise en place de plans de contingence et le pré-positionnement des stocks qui ont permis le démarrage rapide de la réponse. » Elle a cependant noté des « domaines où les choses auraient pu mieux se passer », notamment la coordination opérationnelle - particulièrement avec les équipes internationales, les défis logistiques pour l’acheminement de l’aide d’urgence, les mécanismes de distribution sur la fin de la chaîne et l’absence d’une loi nationale qui stipule les rôles et responsabilités dans la préparation et la réponse.
Tout le monde a reconnu qu’il faudra notamment améliorer les performances dans la collecte de données sur le terrain et la coordination des évaluations et analyses de besoins. Il faudra aussi renforcer la capacité de réaction de la population, incluant l’appropriation des stratégies d’évacuation à tous les niveaux ; la disponibilité et l’accessibilité des fonds d’urgence et les capacités des autorités locales en matière de planification et de coordination dans la gestion des risques et des catastrophes.
La préparation de la prochaine saison relève de la responsabilité de tous les citoyens et citoyennes, des institutions étatiques, privées et de la société civile. Il est important que des ressources dédiées à la préparation soient allouées à tous les ministères et aux collectivités territoriales. Les mécanismes de réponse doivent aussi être renforcés à tous les niveaux afin de fournir des services d’urgence de proximité à la population tout en mettant l’accent sur des actions durables de relèvement des communautés affectées.
- Créé le :
- 03/03/2017 22:19
