13 février 2017 : la Protection civile haïtienne célèbre la Journée mondiale de la radio

13 février 2017 à 21:24
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Célébration de la Journée mondiale de la radio par la Protection civile.

Historique de la Journée mondiale de la radio La Journée mondiale de la radio est célébrée le 13 février. Cette date a été proclamée par la Conférence générale de l’Unesco, lors de la 36e session en novembre 2011, à la suite d’une proposition de l'Espagne. Le 14 janvier 2013, l’Assemblée générale des Nations unies a formellement adopté la proclamation de la Journée mondiale de la radio de l’Unesco. Lors de sa 67e session, elle a entériné la résolution prise lors de la 36e session de la Conférence générale de l’Unesco proclamant le 13 février, date de création de la radio des Nations unies en 1946, Journée mondiale de la radio. L’année 2017 ramène donc la sixième édition de cette célébration. Objectifs de la JMR Les objectifs de la Journée mondiale de la radio sont les suivants : (i) sensibiliser le grand public et les médias à la valeur de la radio ; (ii) encourager les décideurs à développer l’accès à l’information par le biais de la radio ; et (iii) renforcer la mise en réseau et la coopération internationale entre radiodiffuseurs. Thème de la Journée Cette année, l’Unesco n’a pas vraiment choisi un nouveau thème à proprement parler. L’organisation internationale a préféré réunir les différentes problématiques abordées au fil des ans, par exemple l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes, la jeunesse, et la radio en situation d'urgence et de catastrophe, sous le thème de la participation publique avec le slogan « La radio, c’est vous ! » Aussi, les structures de protection civile et leurs partenaires reprennent le thème de l’année dernière - « La radio en situation d’urgence et de catastrophe » - sous l’angle de la participation publique. La participation publique Sources diverses Globalement, il s’agit de l’implication des acteurs et actrices de la société civile qui se sentent concernés dans un processus décisionnel. L’expression inclut un processus public d’implication des personnes dans l’élaboration ou la prise de décision concernant des interventions qui les touchent ou les intéressent. Mais aussi de multiples dispositifs visant à impliquer les personnes afin qu’elles prennent part de façon accessoire, partielle ou complète, selon les volontés du décideur, à cette élaboration ou prise de décision. La catastrophe Terminologie pour la prévention des risques de catastrophe, UNISDR Une catastrophe est la rupture grave du fonctionnement d’une communauté ou d’une société impliquant d’importants impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne peut surmonter avec ses seules ressources. Commentaire : les catastrophes sont souvent décrites comme le résultat d’une combinaison entre l’exposition à un danger, les conditions de vulnérabilité existantes, et l’insuffisance des capacités ou des mesures visant à réduire ou à faire face aux éventuelles conséquences négatives. Les catastrophes peuvent inclure mort, blessures, maladies et autres effets négatifs sur le physique, le mental et le bien-être social, ainsi que des dommages à la propriété, la destruction de biens, la perte de services, des bouleversements sociaux et économiques, ainsi que la dégradation de l’environnement. La sensibilisation du public Terminologie pour la prévention des risques de catastrophe, UNISDR Il s’agit de l’étendue des connaissances communes sur les risques de catastrophe, sur les facteurs qui conduisent à des catastrophes et sur des actions qui peuvent être prises individuellement et collectivement pour réduire l’exposition et la vulnérabilité aux aléas. Commentaire : la sensibilisation du public est un facteur clé dans la réduction effective des risques de catastrophe. Son développement est soutenu, par exemple, par l’élaboration et la diffusion de l’information par les médias et les canaux de l’éducation, la création de centres d’information, les réseaux et les actions communautaires ou la participation et la sensibilisation du public par des hauts fonctionnaires et des dirigeants communautaires. Objectifs des messages de sensibilisation Les messages de sensibilisation doivent aider chaque membre de la population à : Identifier les événements susceptibles de l’affecter en tant qu’individu, mais aussi sa communauté. - Qu’est-ce qui peut se passer ? Comprendre les risques de catastrophe. - Quels sont les dangers-problèmes liés à ces risques ? Se préparer pour mieux réagir. - Que dois-je faire et/ou que puis-je pour réduire ces risques et faire au moment de leur manifestation ? Etre au courant de la mobilisation des services de l’État. - Que font les autorités pour réduire ces risques et alléger les souffrances de la population lors des urgences et des catastrophes liées à ces risques ? Qui fait quoi ? Le droit et le devoir d’informer le public Les journalistes ont le droit et le devoir d’informer le public[1] des sujets d’intérêt général, et ceci inclut les risques majeurs. Les situations d’urgence et de catastrophe n’annulent pas ce droit et ce devoir. Il ne s’agit pas pour les journalistes de tout divulguer ou de satisfaire à toute la curiosité de la population, mais plutôt de contribuer à garantir le droit du public de connaître les risques majeurs, pour ce qui nous concerne… En ce sens, vous, journalistes, qui savez déjà que vous devez diffuser des informations vérifiées, vous vous imposez quelques règles pour y arriver : comme recueillir et diffuser les informations de manière indépendante et de bonnes sources, mais aussi respecter les droits des personnes, sinistrées ou non. Il s’agit d’une responsabilité sociale inhérente à la liberté de presse, qui coïncide d’ailleurs avec la fonction sociale de la protection civile : aider la population à comprendre les risques et à se préparer à faire face aux urgences. Corollaire : La diffusion d’informations erronées peut perturber la gestion de l’urgence ou de la catastrophe, retarder et même empêcher les interventions de secours d’urgence, et mettre ainsi davantage en danger les citoyennes et les citoyens et les intervenantes et les intervenants. Avantages de la radio La radio est un moyen de communication à faible coût, particulièrement adapté pour toucher les communautés isolées et certains groupes de personnes très vulnérables. Chez nous, comme ailleurs, la radio reste le médium capable d’atteindre le plus grand nombre de personne et cela, le plus rapidement possible. Plus de 90% des Haïtiennes et Haïtiens auraient accès à la radio. Ces chiffres sont d’une enquête de l’institut Gallup, qui a été conduite en 2003, soit bien avant cette grande vague de convergence des médias, où les services radiophoniques sont accessibles via des technologies numériques (Internet, portables…). La radio a une influence cruciale sur l’efficacité des interventions en cas de catastrophe. Elle est un instrument extrêmement efficace avant, pendant et après une situation d’urgence ou de catastrophe. Les difficultés de communication enregistrées à la suite des dommages qu’ont subis les installations, les matériels et les antennes de plusieurs stations de radio et de télévision lors du passage de l’ouragan Matthew, en octobre dernier dans le Grand Sud du pays, l’ont encore prouvé. Rôle et responsabilités de la radio La liaison La radio fait le lien entre les autorités, les services de l’État et les citoyens. Ce n’est pas pour rien qu’à l’avènement d’événements adverses, notamment les événements progressifs, la Protection civile avise les stations de radio en première main et reste en contact avec les elles pendant et après l’urgence ou la catastrophe. Malgré la présence de milliers d’agents et volontaires de la Protection civile à travers le pays, nous serions incapables de toucher toute la population, de l’informer dans les délais souhaités. Parallèlement, la radio donne la voix aux victimes. Tout le monde, quelque soit son niveau d’instruction, peut, grâce à ce média, participer au débat public. La radio facilite le droit à l’information, autrement dit le droit qu’a la population de savoir ou d’accéder à l’information.  La population doit recevoir l’information réelle et la radio a déjà beaucoup aidé en ce sens en Haïti. Nous pouvons citer l’exemple de la Croix-Rouge haïtienne qui a diffusé pendant plusieurs mois des messages lors des émissions de Radyo Kwawouj sur deux radios de forte écoute. Il y a également eu au lendemain du tremblement de terre du 12 janvier 2010, l’expérience d’Internews, qui, à travers le programme humanitaire «Enfomasyon Nou Dwe Konnen », a diffusé de l’information utile sur une trentaine de médias du pays. Cette organisation a repris l’exercice autrement et de manière mieux coordonnée avec les structures de coordination de la Protection civile, après le passage de l’ouragan Matthew, en octobre dernier. La préparation La radio contribue à la préparation de la population. Elle relaie les messages préventifs. En 2015, la Protection civile a conduit une vaste campagne médiatique nationale impliquant plus de 70 stations de radio - publique, privées et communautaires - à travers le pays. Ainsi, la radio aide le public à être autonome en situation d’urgence (se mèt kò ki veye kò). Plus la radio diffuse des informations adéquates, moins les citoyens seront livrés aux rumeurs ou auront tendance à se fier uniquement à leur propre jugement de la situation, au risque de mettre leur vie en danger. L’alerte et la réponse La radio contribue aux systèmes d’alerte précoce, et par conséquent à réduire notamment les pertes en vies humaines. La radio joue un rôle central dans la chaine de communication de la Protection civile. Elle aide également au moment des évaluations en participant à la remontée des informations sur le terrain. Elle permet aux agents de la protection civile, à nos brigadiers, aux sauveteurs et autres travailleurs humanitaires de protéger les populations, de manière plus efficace et dans le respect des principes humanitaires[2]. C’est la radio, en grande partie, qui aide à propager les messages aux communautés touchées, à garder un lien entre équipes d’intervention et de secours et survivants.​ La radio doit être prête pour mieux jouer son rôle La radio, pour bien jouer son rôle, doit également se préparer. Elle doit être techniquement résistante et capable de fonctionner en permanence en situation d’urgence ou de catastrophe ; c’est-à-dire pouvoir diffuser et être reçue – d’où la nécessité que les fréquences soient protégées en situation de catastrophe -, mais aussi rester à l’écoute de la population. Nous avons vu ce qui s’est passé après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010 et le passage de l’ouragan Matthew, dans la nuit du 3 au 4 octobre 2017, avec la rupture critique des moyens de communication. Appui au renforcement des médias Par ailleurs, la radio, nous le rappelons, doit communiquer des nouvelles exactes et des informations crédibles. Elle doit aussi avoir la capacité de fournir un contenu éducatif à son public. En ce sens, la direction de la protection civile contribue, depuis plusieurs années, à la formation des journalistes sur les risques majeurs, en vue de mieux les outiller dans l’accomplissement de leur travail. Nous avons par exemple, en appui à l’Association des journalistes haïtiens, contribué à la formation d’environ 300 journalistes, peu après le tremblement de terre de 2010. Certains journalistes sont d’ailleurs des membres des structures de protection civile, notamment au niveau communal. Cette année encore, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement et le gouvernement japonais, nous allons appuyer directement plus de 15 radios communautaires dans les départements du Nord et du Nord-Est, à travers la formation des journalistes, mais aussi en dotant certaines d’entre elles d’un studio de production. Remerciements Le Système national de gestion des risques et des désastres, notamment la direction de la Protection civile du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, remercie chaleureusement les radiodiffuseurs, les journalistes et techniciens qui travaillent dans les stations de radio du pays, pour leur contribution vitale dans la réduction des risques de catastrophes en Haïtien, notamment en situation d’urgence et de catastrophe. Vitale, parce que la radio sauve des vies, en Haïti, comme ailleurs. Nous en profitons pour leur souhaiter une joyeuse journée mondiale de la radio. Faites passer le message Au cas où vous ne seriez pas en mesure d’organiser un événement, l’Unesco invite votre station de radio ou organisation à encore faire partie de la Journée mondiale de la radio : Inscrivez-vous à l’adresse suivante : http://tinyurl.com/WRDnews Téléchargez le logo de la Journée mondiale de la radio et intégrez-le à votre page web. Annoncez à vos auditeurs et partenaires que c'est la Journée mondiale de la radio le 13 février 2017. Diffusez le jingle officiel de la Journée mondiale de la radio ou bien développez votre propre jingle. Insérez la Journée mondiale de la radio dans votre programmation existante par le biais d’entretiens, de chansons ou de discussions. -FIN - [1] Cadre légal : Constitution de 1987, amendée en 2011 ; Convention interaméricaine des droits de l’homme ; décret de 1987 garantissant le libre accès à l’information en Haïti [2] Les principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance sont ancrés dans le droit humanitaire international. En ratifiant les Conventions de Genève de 1949, tous les États membres se sont engagés à respecter ces principes. Humanité signifie que toute personne doit être traitée humainement en toutes circonstances, une attention particulière devant être accordée aux personnes les plus vulnérables de la population. Neutralité signifie que l’aide humanitaire ne doit favoriser aucun parti d’un conflit armé ou de tout autre conflit. Impartialité signifie que l’aide humanitaire doit être fournie sur la seule base des besoins, sans discrimination. L’indépendance est l’autonomie des objectifs humanitaires par rapport aux objectifs politiques, économiques, militaires ou autres.
Créé le :
13/02/2017 21:24