Message du ministre de l’Intérieur et des collectivités territoriales à la population à l’occasion de la cinquième commémoration du séisme du 12 janvier 2010

12 janvier 2015 à 21:52
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Message à l’occasion de la 5ème commémoration du séisme de 2010.

A l’occasion de la cinquième commémoration du séisme du 12 janvier 2010 nous sommes conviés à la réflexion, à nous recueillir en mémoire des victimes de ce douloureux événement. Il est inutile de rappeler que Haïti est encore loin de faire le deuil de cette terrible catastrophe comme en témoignent les amers souvenirs qui reviennent sans cesse dans les mémoires ainsi que l’immense production intellectuelle fondée sur cet événement. En tant que Ministre de l’Intérieur et des collectivités territoriales en charge de coordonner le système national de gestion des risques et des désastres, je ressens comme tous mes frères et sœurs les mêmes sentiments de tristesse que continuent d’éprouver ceux qui ont perdu un ou plusieurs des leurs ou qui se retrouvent encore à accompagner de proches ou des amis mutilés depuis le 12 janvier 2010 ou incapables de se relever tant leur situation matérielle s’est dégradée depuis. Je sais aussi que de nombreux compatriotes continuent d’être terrifiés par l’idée qu’un séisme aussi violent que celui du 12 janvier 2010 peut nous frapper à tout moment, en n’importe quel point du territoire national, puisque le pays est traversé par de nombreuses failles continuellement en mouvement. En outre, il se trouve sur la trajectoire des cyclones et est sujet à des inondations et des sécheresses. Que plus personne ne cède gratuitement à la panique, car les leçons que nous avons tirées de la catastrophe du 12 janvier 2010 doivent nous permettre individuellement et collectivement de construire une communauté résiliente. Nous sommes loin d’atteindre ce but mais nous avons franchis des étapes qui nous permettent d’augurer des jours meilleurs. Le système national de gestion des risques et des désastres se retrouve dans la mouvance de la reconstruction.  Il a contribué à la dotation d’instruments permettant de construire la résilience tel le code de construction et des guides pratiques de construction de bâtiments, la dotation et la mise en fonction de matériel de surveillance sismique et maritime du Bureau des mines et de l’énergie et du SEMANAH. Aussi, le système s’investi à générer des connaissances. Nous disposons depuis 2010 d’un capital plus solide des connaissances de nos sols dans les villes les plus peuplées grâce aux travaux de micro zonage et de prises de vue aériennes. Journellement, il s’attèle à informer, à éduquer pour que chacun dispose de connaissances nécessaires pour faire des choix judicieux, pour avoir un comportement adéquat en toutes circonstances.  Consciente que cette construction prendra du temps et que nous serons appelé à répondre à de grandes urgences, le système national s’est renforcé et s’est doté de capacités pour mieux faire face à aux calamités.  Il s’est employé également à travers une multiplication d’exercices de simulation dans des établissements à fort enjeu tel les écoles, les administrations, les communes à hauts risques afin de tirer les leçons permettant d’améliorer les performances. Les volontaires du système au niveau communautaire, qui sont les premiers à intervenir, ne sont pas en reste. Plus de 3 000 jeunes ont bénéficié de formation en recherche et sauvetage urbain et aquatique, en déblaiement et au secourisme entre 2010 et 2014, des  nouveaux programmes vont permettre d’assurer à partir de 2015  un meilleur ancrage et la consolidation des capacités de préparation et de réponse au niveau décentralisé et déconcentré. Tout en reconnaissant leur apport à date, j’en appelle à la détermination de tous les personnels du système national de gestion des risques et des désastres depuis les Délégués Départementaux jusqu’aux membres des comités communaux et locaux de protection civile en passant par les collaborateurs de la Direction de la protection civile pour qu’ils continuent de s’investir à fond afin que des réponses plus adéquates soient apportées au bénéfice des populations chaque fois qu’une localité, un département ou une région du pays se trouve affectée par une catastrophe quelle qu’en soit la nature. A la population haïtienne tout entière dont je salue, une fois de plus la grande capacité à se relever, je lance un nouvel appel pour qu’ensemble nous construisons jour après jour, ce pays dont nous rêvons, ce pays prospère, mieux armé, plus fort, moins vulnérable face aux aléas. - FIN-
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12/01/2015 21:52